J'aime me balancer sur cette vieille balançoire, entendre la corde qui craque doucement et cette sensation de voler, chaque fois que mes pieds quitte le sole. Ce qu'on a pu pleurer ici, a vouloir, s'envoler pour se rejoindre dans un monde plus beau, pour oublier d'avoir mal, oublier que la vie passe sont temps à nous foutre des claques. A nous prendre notre vie. Me sentir légère, toucher les nuages avec mes pieds, mes cheveux qui dansent avec le vent, sentir l'odeur de la pomme et de la framboise, me moquer du monde, oublier mes démons sur cette balançoire. Mes cheveux grenadines-vanilles, mes ongles noirs, mes tatouages, choque et m'amuse, j'ai toujours un caillou et une bouteille dans mon sac, mais je n'y touche plus depuis que tu es partie sans moi, dans ce monde plus beau. Depuis que j'ai dû t'identifier à la morgue, que j'en ai laissé tout mon estomac sur le carrelage javéllisé et que mon coeur c'est déchiqueté de pars en pars comme toucher d'une balle mortel. Je te hait de m'avoir laissé seule sur cette balançoire, pauvre conne me regardes-tu, ressent tu m'as douleur mortel, me vois-tu quand je me détruis...


